 |
Bienvenue,
« Vivre, quel mot ! Quel grand
mot ! »
Ne songeons pas à ce que nous aurions pu vivre, découvrir,
aimer, partager ensemble, mais songeons simplement à
ce que nous avons déjà vécu, découvert,
aimé, partagé et c’est merveilleux.
Nous aurions pu nous croiser sans nous rencontrer. Nous
nous sommes rencontrés et déjà nos
routes divergent. Mais c’est cela vivre, c’est
accepter de mourir pour avoir l’immense joie de se
voir naître… »
Christine d’Herouville |
|
Ressentir le souffle sacré pour
que l’existence continue à nous enchanter !
Dans ce mystère qu’est la vie, l’echo
de nos paroles est essentiel. Personne ne peut exprimer
mieux que nous-même nos sensations existentielles.
Si parfois la réalité nous déçoit,
allons vers l’autre réalité : celle
des songes, de l’esprit de partage, de la connaissance
de l’autre qui fait partie de nous. Les mots écrits
ou énoncés sont notre foyer. Ils naissent
dans la profondeur des sentiments. Ils représentent
notre vécu, les joies et les tristesses qui ont laissé
une plaie sur la peau de nos âmes. La poésie
est la parole qui va au-delà des mots. C’est
le sens de notre cosmogonie quotidienne, l’expression
de choses imperceptibles que le poète rend perceptibles
par les sons et les rythmes ; et parfois, en silence, face
aux bruits de plus en plus atoniques de ceux qui croient
que parler, c’est vociférer.
Nous en sommes à nos vingt ans d’action dans
le partage des cultures et de la poésie d’Amérique
Latine, d’Europe et d’autres continents. Nous
étions loin d’imaginer ce samedi après-midi
1986, lorsque nous nous sommes réunis pour la première
fois au café Au Père Tranquille du quartier
des Halles à Paris, qu’en 2006, nous travaillerons
encore pour notre droit à rêver. Notre esprit
de militance est toujours là. Le temps n’a
pas tempéré notre envie d’une société
plus humaine. Bien au contraire, nos expériences
nous ont permis d’acquérir une sagesse dans
la création littéraire. Cette forme de lutte
est la conséquence de notre maturité. Notre
revue continue à exister, des rencontres se concrétisent
par des présentations de recueils, accompagnés
de comédiens, de musiciens ou d’autres artistes.
L’utilisation de nouveaux systèmes de communication
nous a permis d’élargir le réseau d’amis
de l’association dans trente pays de la terre, en
étant pourtant toujours attentif à l’amitié
de ceux qui nous accompagnent depuis vingt-ans ; en maintenant
en notre mémoire ceux ou celles qui partent prématurément.
Et par une étrange alchimie de pensée et de
parole, aujourd’hui, l’indicible devient une
voix de réflexion à travers l’écriture
de Christine d’Herouville. Elle a écrit ce
texte à dix-sept ans avant de devenir médecin
et prononcer ses vœux de Xavière. Elle a été
assassinée au Tchad en janvier 1997, elle avait trente-deux
ans. Elle était une jeune amie, quand nous avons
commencé à ouvrir La Porte des Poètes.
Elle montre encore le chemin de l’espérance
malgré les aléas de l’existence. |
Mais il n’y a pas de joie sans le désir
de sentir la joie, de l’acquérir, de lutter pour naître
et renaître jour après jour dans l’interpénétration
des sentiments, dans le respect de nous-mêmes pour la vérité
qui nous enveloppe de liberté.
Ses paroles sont le miroir de notre vie. Nous nous sommes rencontrés
et nous fait un morceau de chemin ensemble ; continuons donc à
partager le mystère de la vie en poésie, parce que
la vie va au-delà de toute mort qui continuer à engendrer
de l’existence. Rien n’est parfois possible, mais tout
est possible avec rien, avec seulement la volonté de parvenir
à l’inimaginable. Je vous invite chers amis à
soutenir ce projet, votre projet : de militer pour notre droit à
rêver et à vivre autrement.
Luis Del Rio Donoso
|
|