Peru -
Argentina- Colombia
- Mexico
Poesia
Chilena contemporanea
Me gustas cuando callas porque estás como ausente,
y me oyes desde lejos, y mi voz no te toca.
Parece que los ojos se te hubieran volado
y parece que un beso te cerrara la boca.
Como todas las cosas están llenas de mi alma
emerges de las cosas, llena del alma mía.
Mariposa de sueño, te pareces a mi alma,
y te pareces a la palabra melancolía.
Me gustas cuando callas y estás como distante.
Y estás como quejándote, mariposa en arrullo.
Y me oyes desde lejos, y mi voz no te alcanza:
déjame que me calle con el silencio tuyo.
Déjame que te hable también con tu silencio
claro como una lámpara, simple como un anillo.
Eres como la noche, callada y constelada.
Tu silencio es de estrella, tan lejano y sencillo.
Me gustas cuando callas porque estás como ausente.
Distante y dolorosa como si hubieras muerto.
Una palabra entonces, una sonrisa bastan.
Y estoy alegre, alegre de que no sea cierto.
J'aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,
et tu m'entends au loin, et ma voix ne t'atteint pas.
On dirait que tes yeux se sont envolés,
et on dirait qu'un baiser t'a clos la bouche
Comme toutes les choses sont remplies de mon âme,
tu émerges des choses pleine de mon âme.
Papillon de rêve, tu ressembles à mon âme
et tu ressembles au mot : mélancolie.
J'aime quand tu te tais et que tu es comme distante.
Et tu es comme plaintive, papillon que l'on berce.
Et tu m'entends au loin, et ma voix ne t'atteint pas:
laisse-moi me taire avec ton silence.
Laisse-moi aussi te parler avec ton silence,
clair comme une lampe, simple comme un anneau.
Tu es comme la nuit, silencieuse et constellée.
Ton silence est d'étoile, si lointain et si simple.
J'aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,
distante et dolente, comme si tu étais morte.
Un mot alors, un sourire suffisent,
et je suis heureux, heureux que ce ne soit pas vrai.
Pablo Neruda
(1904-1973)
(extrait de "Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée")
***
Offrande
Je t'offre ces eaux
Qui émergent lentement.
Peut-être que ces brumes te font mal
Telle une ombre écrasante
Sur mes épaules.
Je bois. J'ai appris à tempérer
Ma façon d'être,
À dompter mes lèvres
Dans la souffrance.
La vie est un cadeau que l'on enveloppe
De rubans de douleur
Mais ce n'est pas le plus important
Car, parfois, la joie revient
Lorsque le vent entrouvre
Une porte parmi les nuages
Vivre c'est être la rose
Que l'épine protège.
Reconversion
Non, ce n'est pas le vent
Tournent les feuilles des souvenirs
Les traces du vécu
se montrent dans la profondeur de l'absence.
Le miroir ovale
Posé face à moi
La pupille sévère...
Seuls les mimosas savent
quoi faire de la tristesse.
Lumière d'eau
La lune a ouvert sa lumière d¹eau.
Nous cherchons tout en haut quelque présage
Un clin d'oeil décisif.
Sur le parcours d'une rue bruyante
nous sommes aveuglés
une brusque somnolence nous envahit
depuis son ciel agenouillé...
et a décroché ce nom d'absence.
Frustrations
La lutte enflamma dans nos veines
Le fracas des résonances crispées.
Un désir d'atteindre
une oppression de larmes.
Le sourire se partage comme le pain
tandis que le monde occulte sans pitié
ses miettes saumâtres.
Guitare
Je viens d'une guitare
aux cordes mélancoliques
celle qui passe de main en main
quand la nuit se refuse
à jouer jusqu'au petit matin
celle qui entre les brumes
regarde les verres ivres
et presse comme une éponge
le regard de l'âme.
Parfois je dors en elle
au-delà des frontières
et je monte sur scène
autour d'un feu improvisé
Je me soûle à son rythme lent
et bondis dans l'espace
pour prendre le train de l'air
J¹invite les absents
les plus lointains et les plus solitaires
à grimper sur ce vertige
de souvenirs brûlants.
Veille
Te verrai-je ?
Aurais-je de tes nouvelles ?
Auras-tu une pensée pour moi ?
C'est la veille. Et tous mes sens se réveillent.
Fontaine
L'eau érode
La superficie du temps.
S on dos frémissant d'écailles
Est un poisson captif
S'accrochent en l'air les corolles étonnées
Qui sont sous les heures ?
Quels sont ceux qui attendent le futur ?
Se rassemblent, se touchent avec les mains
Tissent avec la lumière la feuille du silence
Des envies débordées
Entament un voyage sans retour.
AMANDA
FULLER (Chillán, Chili)
est l¹une des plus importantes poétesses chiliennes
contemporaines. Elle a reçu le Prix Municipal d'Art et de
Littérature de Chillan. Elle travaille à la commission
culturelle du Groupe Fuego de poésie ainsi qu¹à
celle de la Faculté de Médecine de l'Université
du Chili. Active, militante des rêves, elle se distingue par
ses grandes qualités humaines.
Poésie
chilienne en France
Ta disparition m'a appris autre chose
Ta disparition m'a appris autre chose
Autre chose que ce vide qui n¹en finit pas
Que cette douleur permanente
Même si je n'ai pas retenu le temps de tes yeux
Même si je n'ai pas retenu l'humidité de ta bouche
L'exil m'a appris quelque chose encore
Quelque chose qui m'a définitivement rapproché
De la vie
Pablo Poblete (Santiago,
1955)
Poète et peintre, réside à Paris depuis 1979.
Haikus
El unicornio,
En los ojos de un niño
Aún galopa.
Pétalos blancos,
El alma se despierta,
Breve inocencia.
La hormiga que va
Trazando su caminoŠ
Cuántos rumbos hay ?
La vida vuela,
Frágil es el momento,
Somos sus plumas.
Adivinanza
Soy blanco o moreno
como la piel de los hombres.
Soy duro o tierno
como la vida de los hombres.
A veces soy salado
como lágrimas de madre.
Mi alma de agua y trigo
se comparte en amistad,
mi carne de esponja y algodón
tibia es como la bondad,
mi corteza dorada al fuego,
se desprende como un sueño.
Soy el alfa de las rebeliones,
el omega del trabajo.
Soy la chispa del pobre,
la primera voz del niño.
Soy el eco del solitario,
la esperanza del hambriento.
Mi tierra es vuestra,
mi sol vuestro es también
y de vuestras manos nací.
Soy el Maná del desierto,
el cuerpo de Cristo al final,
yo soy, yo soy el pan.
Devinette
Je suis blanc ou brun,
comme la peau des hommes.
Je suis dur ou tendre
comme la vie des hommes.
Je suis parfois salé
comme les larmes d’une mère.
Mon âme d’eau et de blé
se partage en amitié,
ma chair d’éponge et de coton
est tiède comme la bonté,
ma croûte dorée au feu
s’effrite comme un rêve.
Je suis l’alpha des rebellions
et l’oméga du travail.
Je suis la lueur du pauvre
et le premier mot de l’enfant.
Je suis l’écho du solitaire
et l’espoir des affamés.
Ma terre est la votre,
mon soleil est votre aussi
et de vos mains je naquis.
Je suis le Mana du désert,
le corps du Christ à la fin,
je suis, je suis le pain.
En los inmuebles del barrio
(A los trabajadores y asistentes sociales)
En los inmuebles del barrio,
las jaulas de las escaleras
gritan y cantan cada día
la ingenuidad de la infancia,
la cólera de los jóvenes
y la impotencia de los padres.
En los inmuebles del barrio,
las grietas de los muros demacrados
gritan y cantan a menudo,
la violencia de la miseria,
el dolor del desamparo
y el miedo del mañana.
En los inmuebles del barrio,
bajo los balcones atestados,
cuando cae la noche y su silencio,
la opulencia crea envidiosos,
la facilidad fabrica adeptos
y la tragedia atrae curiosos.
En los inmuebles del barrio,
entre autos desmembrados
cuando cae la noche y su frío,
el cuarto mundo sigue despierto,
los políticos son maldecidos
y se burla de los erúditos…
Juglando entre derecho y solidaridad,
trabajadores con manos atadas,
remueven la vida de los olvidados,
para ofrecerles humanidad,
para devolverles la dignidad,
mas allá del inmueble del barrio.
Dans les barres de la cité
(Aux travailleurs et assistant(e)s sociales)
Dans les barres de la cité,
les cages d’escalier
crient et chantent chaque jour
l’insouciance de l’enfance,
la colère de la jeunesse
et l’impuissance des parents.
Dans les barres de la cité,
les fissures des murs délabrés
crient et chantent souvent
la violence de la misère,
la douleur du désespoir
et la peur du lendemain.
Dans les barres de la cité,
sous les balcons encombrés,
lorsque tombe la nuit et son silence,
l’aisance fait des envieux,
la facilité fait des adeptes
et le malheur attire les curieux.
Dans les barres de la cité,
entre les voitures délabrées,
lorsque tombe la nuit et sa froideur,
le quart-monde reste éveillé,
les politiciens sont maudits
et l’on rigole des érudits…
Jonglant entre les droits et la solidarité,
des travailleurs aux mains liées
remuent la vie des oubliés,
pour leur offrir un peu d’humanité,
pour rendre à leur vie, la dignité
au-delà des barres de la cité.
Rodrigo Durand Campos
Rodrigo
Durand (La Serena, 1962)
Poète
et Professeur de Biologie et de Biochimie.
Il est en France depuis 1982.
Exil
Les vents de tempête ont emportées les graines
Les déposant sur une terre fertile et généreuse
Les pluies du printemps les ont arrosées,
Le soleil abondant les a fait germer
Et sur d'autres terres et sous d¹autres cieux
Les plantes étrangères se sont épanouis
Et de ce tronc vigoureux, jadis faible
Naquit un grand jardin
Destinée
Voici venu le jour de la grande vérité
Le jour où mon indulgence prendra fin,
Qu'as-tu voulu faire de ma vie,
Pourquoi vouloir jouer avec mon sort ?
Ne savais tu pas
Que l'homme doit mourir dans la lutte
Ou il risque d¹être un mort vivant ?
Laisse moi profiter de ma vigne,
Donne-moi le temps de boire mon vin !
Mes matins de bonheur sont déjà là !
Les nuits accablantes, au milieu de nulle part,
M'enveloppant de son manteau noir,
Se sont évanouies, laissant la place à l¹espoir.
La désespérance ne m¹atteindra pas,
La force me vient de l¹âme,
Mon orgueil de beaucoup plus loin.
A toi l'honneur de faire ta route
A toi le choix de suivre ton chemin
Au risque de trouver l¹épée
L'épée de ton propre destin
Iván Treskow (Talca, 1950)
Poète, comédien, études en Biologie en Amérique
Latine. Il vit en France depuis 1977. Une poésie de rêve,
autant qu'une poésie de réalisme, Ivan Treskow a un
verbe particulier, mêlé de romantisme, et de symbolisme,
il creuse un lit à la métaphore, exprime aussi bien
en poésie des thèmes aussi differents que l'amour,
la nature, que la condition sociale des ouvriers, mais toujours
trempés dans l'humain et l'humanisme.
Il a publié plusieurs recueils.
L'élégance des tristesses
L'esprit enfante la parole
Une nourriture pour la faim des oubliés
Gouttes de sagesse remuant les mémoires
Elle arrive effaçant les interrogations des brouillards
Et des cimetières
Elle s'approche du langage des saisons
A l'instant infini de l'absurde :
Près de la mort, dans un temps sans temps.
La parole est un oeil qui parle
Mais, où vont se cacher les images du passé
Lorsque l'écho s'éteint ?
L'esprit enfante la parole
Elle naît et renaît avec l¹élégance
des tristesses.
La elegancia de las tristezas
La palabra es parto del espíritu
Comida para el hambre de los olvidados
Gotas de sabiduría agitando memorias
Llega borrando nieblas
Y cementerios de interrogaciones
Aproxima al lenguaje de las estaciones
Al instante infinito de lo absurdo :
Cerca de la muerte, tiempo sin tiempo.
La palabra es un ojo que habla
Pero, dónde se esconden las imágenes del pasado
Cuando calla el eco ?
La palabra es parto del espíritu
Nace y renace con la elegancia de las tristezas.
Luis
Del Río-Donoso
(Santiago du Chili, 1944)
Poète, Éditeur, Conférencier. Il habite Paris
depuis 1984. Fondateur de l'Association La Porte des Poètes,
il sillonne les continents, pour des rencontres et des soirées
autour des arts, de la culture, et de la poésie.
Texte du recueil " Le tailleur de rêves ".
Indigo Editions, Paris 1999.
La voix de la mer
Rouille des chambres
Pareilles à des bateaux engloutis
Des dieux douteux
Se montrent aux balcons
D'hôtels bon marchés
Ou se reposent dans des cirques de lumière
Et sur des places de corail amer
Ils sont de récifs de la voix et de l¹écho
La voz del mar
Corroe habitaciones
Parecidas a barcos hundidos
Dioses dudosos
Aparecen en los balcones
De hoteles baratos
O descansan en circos de luz
Y plazas de coral amargo.
Arrecifes de la voz y del eco
Luis
MIZON (Valparaíso, 1942)
Poète et peintre. Réside en France depuis 1974
ANTOLOGÍA DE ISABEL GÓMEZ
(Selección de Alejandro Lavquén)
Isabel Gómez (Curicó, Chile, 1959):
Ha publicado Un crudo paseo por la sonrisa (Ediciones MD, 1986);
Pubisterio (Ediciones Literatura Alternativa, 1990); Versos de escalera
(Ediciones MD, 1994); Perfil de muros (Ediciones Logos, 1998); Boca
Pálida (Ediciones Logos, 2003) y Dasein (Editorial Cuarto
Propio, 2006). Su obra ha sido incluida en diversas antologías
y divulgada en revistas de México, España, Argentina
y Francia. En 1997 recibió el premio Pablo Neruda otorgado
por la Fundación Neruda. Cursó estudios de Pedagogía
y Licenciatura en Educación en la Universidad de los Lagos,
donde hoy realiza un Magíster. Actualmente se desempeña
en la biblioteca del Colegio York. Ha sido directora de la Sociedad
de Escritores de Chile (Sech).
De Un crudo paseo por
la sonrisa (Ediciones M.D. 1986)
LLAMADO DE SOMBRA
Antes, yo creía que mi sombra
era un río esfumado en el silencio,
un idioma triste
tumbado en las aguas de la lluvia.
¿Quién adivinará que fuiste
mi nombre en los ponientes?
Gritaremos que jamás tuvimos mundo
cuando la noche
empapaba de galega
nuestro secreto
y los peces fueron el sexo
de las aguas.
Entonces,
se evaporó el sol de mis rodillas
y supe que eras tú
quien clausuraba mi adiós
en las ventanas
mientras te ibas haciendo invisible
en mi conciencia
cuando la vida indicó tu sur
adolescente.
ANTI-MUNDO
Dios dirá que fui peregrina
que amalgamaba lluvias
en el corazón pretérito de las formas
y me arrastró el viento
en su remolino de llantos esotéricos.
Nos predecían todas las cosas
cuando la lámpara del mar intersectó mi risa
con infantiles noches venidas de tu vientre.
Pero estoy aquí, liberando ideas, olvidándome,
desafiando a las aguas con el mar de mi sangre.
Voy masticando lunas asoleadas
alargando alamedas siderales en tus ojos,
enterrando mi edad bajo los eucaliptos,
allá donde las gaviotas jugaban ajedrez
en las terrazas del infinito
mientras la tarde podaba muertes equivocadas.
Ahora, ya no quedan pueblos que me esperen
bajo la mesa triste de los días,
ya no desafía al viento mi voz lejana e ilógica.
Dime quién selló la hora desconocida,
quién se llevó la tarde que amaba
y esperaba mi paso por el mundo.
Dime en qué lugar del mundo mi voz será mentira.
Mi credo irrefutable
Es cierto que he muerto muchas veces
Un horrible gallo de niebla tremenda
Cantaba su quebranto sobre la cerca del alba
Nací, al fin muerte tras muerte
El sol estaba contenido en un abismo
En la profunda claridad de una lágrima poderosa
Concentrada al mediodía de los cóndores
No se puede morir en una sola muerte
Es este mi credo irrefutable
Agonía de ojos abiertos
Vida que vas descalza
Por un horizonte de cuchillos
Prendida de romance;
Amor que vas desnudo
Entre témpanos sin sol
Herido de cuervos y promesa
La noche está preñada de fantasmas
Fogatas que gimen su locura
Silencios nocturnos que hablan
Trajín de días mudos.
La noche está preñada de fantasmas
Y quieren parir en mi recámara a sus crías
Cuando todo está dispuesto
bajo los párpados que tiemblan
Tengo un temor entre ceja y ceja
Un temor que mira de reojo
La mano cansada de empuñarse sobre sí misma
Y el espejo que se aburre de mi rostro
Padezco una solemne tristeza
Como un canario muerto sobre un techo
Una triste tristeza de sepulturero
O marino de un mar muerto
No se puede morir de una sola muerte
Es este mi credo irrefutable
Ah, lejana lejanía que te alejas
A lo lejos sin un norte perdida
Sin embargo todavía todavía
sueño entre parpadeo y parpadeo.
Cristián Briceño Echeverría
Su texto hace parte del poemario
inédito De toda la tierra una, donde
profundiza sobre la condición humana.
Abogado de profesión, comparte su tiempo
con la reflexión literaria.
|