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LA PORTE

Editorial

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FENETRE

Khalil Gibran.

“(…) C’est le poète - que le peuple ignore dans sa vie/ Et qui n’est reconnu qu’après qu’il a dit adieu/
Au monde terrestre et s’en est retourné à son arbre dans les cieux.

C’est le poète - qui ne demande rien d’autre à/ L’humanité qu’un sourire./ C’est le poète - dont l’esprit s’élève et/ Emplit le firmament de ses belles paroles;/ Malgré cela, le peuple refuse son rayonnement.

Jusqu’à quand le peuple restera-t-il endormi ?/ Jusqu’à quand continuera-t-il de glorifier ceux/ Qui attirent la grandeur aux moments opportuns ?/ Combien de temps ignorera-t-il ceux qui sont capables/ De voir la beauté de leur âme,/ Symbole de paix et d’amour ?/ Jusqu’à quand les êtres humains honoreront-ils les morts/ Et oublieront-ils les vivants, qui passent leurs vies/ Dans la misère, et qui se consument/ Comme des chandelles qui brûlent afin d’illuminer la voie/ Pour les ignorants et les conduire sur le chemin de la lumière ?

Poète, tu es la vie de cette vie, et tu as/ Triomphé des générations malgré leur sévérité.

Poète, un jour, tu gouverneras les coeurs / Partant, ton royaume n’a pas de fin.

Poète, regarde bien ta couronne d’épines : tu y/ Trouveras dissimulée une guirlande de lauriers qui bourgeonne.”

“(…) C’est le poète - que le peuple ignore dans sa vie/ Et qui n’est reconnu qu’après qu’il a dit adieu/
Au monde terrestre et s’en est retourné à son arbre dans les cieux.

C’est le poète - qui ne demande rien d’autre à/ L’humanité qu’un sourire./ C’est le poète - dont l’esprit s’élève et/ Emplit le firmament de ses belles paroles;/ Malgré cela, le peuple refuse son rayonnement.

Jusqu’à quand le peuple restera-t-il endormi ?/ Jusqu’à quand continuera-t-il de glorifier ceux/ Qui attirent la grandeur aux moments opportuns ?/ Combien de temps ignorera-t-il ceux qui sont capables/ De voir la beauté de leur âme,/ Symbole de paix et d’amour ?/ Jusqu’à quand les êtres humains honoreront-ils les morts/ Et oublieront-ils les vivants, qui passent leurs vies/ Dans la misère, et qui se consument/ Comme des chandelles qui brûlent afin d’illuminer la voie/ Pour les ignorants et les conduire sur le chemin de la lumière ?

Poète, tu es la vie de cette vie, et tu as/ Triomphé des générations malgré leur sévérité.

Poète, un jour, tu gouverneras les coeurs / Partant, ton royaume n’a pas de fin.

Poète, regarde bien ta couronne d’épines : tu y/ Trouveras dissimulée une guirlande de lauriers qui bourgeonne.”

///

Roque Dalton García
(El Salvador 1935/1975)


Comme toi

j'aime l'amour,  la vie, le doux enchantement

des choses,  le paysage

céleste des  jours de janvier.

Aussi, mon  sang bout

et mes yeux  rient

qui ont connu  le jaillissement des larmes.

Je crois  que le monde est beau,

que la poésie  est comme le pain, pour tous.

Et que mes  veines ne finissent pas en moi

mais dans  le sang unanime

de ceux qui  luttent pour la vie,

l'amour,

les choses,

le paysage  et le pain,

la poésie  pour tous.

 (traduit de l'Espagnol par MVT)

Como Tú

Yo, como tú,
amo el amor, la vida, el dulce encanto
de las cosas, el paisaje
celeste de los días de enero.

También mi sangre bulle
y río por los ojos
que han conocido el brote de las lágrimas.

Creo que el mundo es bello,
que la poesía es como el pan, de todos.

Y que mis venas no terminan en mí
 sino en la sangre unánime
de los que luchan por la vida,
el amor,
las cosas,
el paisaje y el pan,
la poesía de todos.

///

Andrée Chedid

"Le Rien"

J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité

Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences
A ses fougues du présent
A ses forces d’espérance
Au contenu des heures

J’y ai cru tellement cru
Aux couleurs éphémères
Aux bienfaits de l’aube
Aux largesses des nuits
Oubliant que plus loin
Vers les courbures du temps
L’explosion fugace
Ne laissera aucune trace
De nos vies consumées

Et qu’un jour notre Planète
A bout de souffle
Se détruirait.

Il y'a des matins.

Il y a des matins en ruine
Où les mots trébuchent
Où les clés se dérobent
Où le chagrin voudrait s’afficher

Des jours
Où l’on se suspendrait
Au cou du premier passant
Pour le pain d’une parole
Pour le son d’un baiser

Des soirs
Où le cœur s’ensable
Où l’espoir se verrouille
Face aux barrières d’un regard

Des nuits
Où le rêve bute
Contre les murailles de l’ombre

Des heures
Où les terrasses
Sont toutes
Hors de portée.

///

Joel Frédo est un poète chez qui la musique des mots s'est imissée pour resplendir. Nostalgie, ironie, et desinteressement, tous les thèmes sont abordés pour nous enchanter, nous rappeller, nous faire comprendre les infinis leçons et enseignements que les mots peuvent contenir.

Nous tenions à lui rendre cet hommage, à lui, ses amis et à sa famille.

Mutine

Une démarche si légère qu'elle ne touche qu'à peine la terre Et un visage d'une fraîcheur remarquable à toutes les heures

Une rondeur si agréable qu'on en oublie son cartabe Et une Et allure si allegretto qu'on en perdrait toute sa tête

un rayonnement à faire pâlir la lune, les astres et les étoiles Du sentiment à faire périr les clichés rouges et noirs

Mais qu'est-ce qui t'arrive l'ami, tu n'es pas loin de la folie Cette personne ne te vois pas, elle se contente de cheminer

Eternité

Tandis que quatre pieds effleurent un tapis Tandis que les Tandis que les yeux éclairent et sourient

Une dépêche lointaine informe d'une violence Dans la déjà Dans la déjà chantée douceur d'une violence automnale

La lumière est victime d'un dérapage abrupt Les épidermes Les épidermes accusent le choc déloyal Un champigno Un Un Un champignon intense bouscule le vent Et si sa forme Etsi Et si la forme étonne que dire de ses vertus ?

Quatre pieds dans le vide que l'air amusait Quatre pieds Quatre pieds dans la vigne que la pluie délassait Quatre Quatre pieds dans les lianes d'une forêt écroulée Les LEs Les Les réverbères s'essouflent dans l'amas de poussière Le Le Le cher arbre éjecté frappe la table de rage Sa chlorophylle Sa chlorophyle s'émiette sous les griffes de l'orage

Quatre pieds qui doutent, dont les pensées s'égrènent Lors Lors d'un soir fulgurant à la morsure envieuse Deux désirs Deux désirs qui fuluminent et rasent le cratère Où la Où la Où la vermine jacasse vile et vénéneuse Quatre pieds Quatre pieds chaleureux supports de nos chairs Le salut des Le Salut des amants au beau milieu des ruines !

Joel Frédo - Aux éditions La Porte - Mars 2010.

Dans la rubrique "Fenêtre", découvrez ou re-découvrez un poète à l'honneur.

 

 

 


     
 
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