France
POESIE FRANCAISE CONTEMPORAINE
Nouveauté : découvrez ANNE BÈVE
Après « M’offrir à toi », aux
éditions ATLANTICA,
et « Vertiges intérieurs », aux éditions
RAGAGE,
Anne Bève nous entraîne avec elle
dans ses escapades lointaines.
Il en ressort une pluie d’émotions :
Débris de vie s’accrochant aux souvenirs,
Guerres indigestes,
Paysages grisant les carnets de voyages,
Lueurs d’espoir dans les yeux des enfants,
Cris d’oiseaux dans la bouche des mourants,
Amours volés au soleil des tropiques,
Poésie cachée dans le théâtre absurde
du hasard.
La vague
Je t’ai serré dans mes bras,
Je ne sais plus,… je ne sais pas…
On s’est sentis roulés, aspirés,
Collés à l’hydre tentaculaire,
Nos sangs mêlés de sel, de salive et de cris,
Ton visage dévasté, accroché à ma vie,
L’imprévisible vague
A la croupe assassine
Exhibant son panache
De cadavres et de ruines,
Le tremblé de tes lèvres,
Dans ce torrent de boue,
L’atroce attente
Sans que la mort advienne,
Les derniers mots hurlés
Contre l’inacceptable :
Faut-il croire que l’enfer
Est le passeport du ciel ?
La ola
Te estreché en mis brazos,
No sé más,… no sé…
Nos sentimos arrastrados, aspirados,
Pegados a la hidra tentacular,
Mezclada nuestra sangre de sal, gritos y saliva,
Tu rostro devastado, aferrado a mi vida,
La imprevisible ola
De ancas asesinas
Exhibiendo su penacho
De cadáveres y ruinas,
El temblor de tus labios,
En este torrente de barro,
La atroz espera
Sin que la muerte suceda,
Los últimos alaridos
Contra lo inaceptable :
¿ Creeremos que el infierno
Es el pasaporte del cielo ?
Légendes Maya
Encensoir aux lèvres brûlantes de copal
Pattes de jaguar dévorant les cœurs tièdes
Membres virils tranchés à l’obsidienne
Dieux tutélaires aux quatre vents des guerres
Fétichisme arrosé au bouillon de lézards
Fantômes de l’absence scarifiés d’ingérence
Candidats à l’extase entre rage et lumière
Masques de funambules accrochés à la lune
Divinations, serpents à plumes
Esprits exhortant le deuil de la chair
Bestiaire métaphorique et confidences des âmes
Errance écumant des naseaux de la brume
Génies tueurs de l’inframonde
Captifs habillés en soleil mourant
Pyramides de crânes affrontant les étoiles
Vénération-terreur des influences contraires
Résistant sauvagement aux « grands cycles du temps
».
Guatemala
Janvier 2007
Leyendas Maya
Incensario en los quemantes labios de Copal
Patas de jaguar devorando tibios corazones
Miembros viriles cortados por la obsidiana
Dioses tutelares a los cuatro vientos de las guerras
Fetichismo regado con caldo de lagartos
Fantasmas de la ausencia escarificados de ingerencia
Candidatos al extásis entre rabia y luz
Máscaras de funámbulos pegados a la luna
Adivinaciones, serpientes de plumas
Espíritus exhortando el duelo de la carne
Bestiario metafórico y confidencias de las almas
Vagar espumante en nasales de la bruma
Genios asesinos del inframundo
Cautivos vestidos como sol muriendo
Pirámides de cráneos enfrentando las estrellas
Veneración-terror de influencias contrarias
Resistiendo salvajemente a los “ grandes ciclos del tiempo
”.
Guatemala
Enero 2007
Jean-Louis Clarac
Né en 1951 à Limoux dans la rigole des Corbières.
Vit et travaille à Aurillac à l’ombre du volcan.
Membre du comité de rédaction d’Encres Vives
dont il a coordonné deux numéros, l’un
sur Joseph Delteil, l’autre sur Joë Bousquet.
Anime des ateliers d’écriture dans le cadre de son
travail à l’IUFM et dans d’autres lieux du Cantal.
Participe à des lectures.
Instigateur des moments poétiques d’Aurillac qui permettent
4 à 5 fois dans l’année à des poètes
invités de rencontrer le public au théâtre de
la ville.
Publie régulièrement dans des revues (Friches,
Lieu d’être, Arpa, Encres Vives,…).
A édité une douzaine de recueils, notamment parmi
les plus récents : L’ibérante échappée,
Laisses brisées, Laisses levées (les trois chez
Encres Vives).
Réalise des livres artisanaux, de 1 à 8 exemplaires,
avec l’artiste Françoise Cuxac qui crée des
compositions. (voir son site : http://francoise.cuxac.free.fr
<http://francoise.cuxac.free.fr/> ). Ensemble ils ont publié
Dans les traces ( à la rêveuse matière,
2005).
En 2007 a réalisé un CD audio Lisières avec
le musicien Daniel Coste qui a créé pour chaque poème
dit par l’auteur une musique originale.
Début 2008 la revue-édition Encres Vives
publie un numéro spécial (n°354) sur l’œuvre
poétique de Jean-Louis Clarac avec de nombreuses contributions
(textes d’Alain Freixe, Gilles Lades, Chantal Dupuy-Dunier,
Pierre Maubé, Michel Cosem, etc., et les plasticiens Françoise
Cuxac, Vincent Clarac, etc.). (consulter la page JL Clarac dans
la Poéthèque du site Le Printemps des Poètes)
huit
Jonchée des feuilles
où s’emmêlent
fruitiers et arbustes
Moirures renouvelées
que les mésanges agitent
de leur frénésie
Moirures infinies
dans le souffle automnal
aussi légères que l’aléatoire
ballet de la quête
des oiseaux
Saison en déshérence
Apparent abandon
Résurgence des gestes
souvenirs émergeants
en copeaux
d’un temps
jamais interrompu
où vibre son silence
jusqu’aux brisées du vent
Dans le tapis luisant
quelque insecte bleuté
trace un sillon
où brille l’écume d’argent
de son mouvement dérisoire
Saison en déshérence
Apparent abandon
Tremblements des nervures
au point d’enfouissement
les dentelles des feuilles
tamisent l’atmosphère
sans cesse parcourue
du feu discret
de leur émiettement
Le silence du chat absorbe
le cri d’une mésange
frissonnements des plumes
la sauvagerie émerge
dans l’ordonnance du verger
Saison en déshérence
Apparent abandon
Sous les pommiers fourbus
de leurs mille soleils
rutilance des pluies à satiété
Constellations craquantes
où les guêpes aiguisent
leur frénésie au cœur du fruit
criblures du hasard
L’humus gonfle
les terres de senteurs
aux franges
envoûtantes
Saison en déshérence
Apparent abandon
Comme une jonchée de feuilles
jusqu’à l’effacement possible
Comme une jachère de mots
en vacance de sens
La saison en déshérence
se replie dans un apparent abandon
Comme si l’on oubliait les moments
où en attente de recommencement s’assemblent
le blanc surlignement des choses
la ferveur des sèves
l’explosion fructifère
dans la saison rousse
(extrait de huit passages entre terre et ciel, inédit)
Jean-Louis Clarac
Julie
BAUDIN
(Baume-les-Dames, 1982)
"La poésie ? Une danseuse qui a pris ma main dans ses
voiles visionnaires, pour m'entraîner dans une ronde avec
l¹immortalité,
Dans un voyage intérieur à travers mon secret univers.
La poésie est l'allié des muets, le remède
à l'inexprimable, le rayon de lumière dans mes ténèbres,
le cri silencieux de mon âme."
L'absent
Ce matin, je vis au creux d'un vide,
Un vide plein de ton sommeil, de tes émois, de tes baisers.
J'y contemple des reflets invisibles sur le miroir de ta présence,
La main courbée de mes intérieurs sur le testament
des au revoirs.
Aujourd'hui, j'ignore l'oubli au travers de moi,
Et enferme les peines sous la confiance des auteurs
et des chambres ensoleillées. Aujourd'hui,
j'aimerais deviner tes lèvres sur les pétales de mes
mains.
Ce soir, la vacuité s'emplit de ton essence rassemblée.
Les contours de ta réalité envahissent l'espace entremetteur
de nos présents.
Les larmes ne sont pas le remède aux maux de ton absence.
Seule la voix de ta présence rattrape l'aube de mes détresses.
Toutefois, rien,
Pas même la traversée d'un lointain, ne clos nos corps
passionnés.
Parole
Tombent les mains esseulées
Sur les gouffres entrouverts,
Voguent les douces odes maltraitées
Sur les paupières du matin solitaire.
C'est notre plus proche rivage
Parcouru des temples de nos baisers cloués,
La terre de notre fragile encrage
Où les requiems marquent ma bouche grande fermée.
C'est notre plus capricieuse existence
Pleine de tes mains écloses sous la pluie de mes regards;
Nos paupières condamnées sèment leur transparence
Sur nos âmes et nos corps réduits en nectar.
Savoure notre plus spiritueux alcool
Qu'ils s'enivrent du goût de notre néant
Qu'ils pleurent en buvant les gouttes de notre amour insouciant
Car pour toi est ma plus bouleversante parole.

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